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L’innovation constituera un thème phare du Congrès 2019 de l’ADF. Les nouveaux matériels et matériaux se multiplient en effet ces dernières années, transformant en profondeur les pratiques des chirurgiens-dentistes. Tour d’horizon - non exhaustif - des dernières nouveautés avec le docteur Christian Moussally.

Quelles sont les principales innovations qui ont changé votre pratique ces dernières années ?

Je pense tout d’abord à la CFAO - conception et fabrication assistées par ordinateur - dite directe, que j’utilise depuis 2002 : après avoir enregistré le volume bucco-dentaire du patient à l’aide d’une caméra 3D, je fabrique moi-même les prothèses au cabinet. De nombreux praticiens choisissent pour leur part de confier ce travail à un prothésiste, c’est la CFAO semi-directe.

A l’époque, j’avais opté pour la CFAO car elle permettait d’employer des céramiques bien plus résistantes. J’y ai vite trouvé un grand intérêt, tout d’abord pour mes patients : en réalisant un soin complet en une seule séance, j’améliore leur confort et je leur évite de se déplacer plusieurs fois. La technologie a par ailleurs énormément progressé ces dernières années, nous permettant de gagner encore en précision et en qualité.

Les nouvelles générations de caméras changent aussi la donne ?

Tout à fait. En réalité, il existe différents types de caméra, avec des fonctionnalités et des bénéfices différents. Tout d’abord, la caméra intraorale de diagnostic permet de prendre de petites photos ou vidéos de l’intérieur de la bouche de nos patients, pour leur montrer par exemple des zones qu’ils ne peuvent pas voir dans leur miroir. Un outil très utile pour bien communiquer avec eux et leur faire percevoir l’importance des soins à réaliser sur une dent.

Autre type de caméra : celles d’empreinte optique 3D utilisées pour la CFAO, qui remplacent la pâte à empreinte employée jusqu’à présent. Mais aussi les dispositifs permettant de détecter les caries à travers deux procédés, la fluorescence ou la transillumination. Utiles pour compléter le diagnostic radiologique, ces caméras ne peuvent pour l’instant pas faire l’objet d’un remboursement par la sécurité sociale et sont donc peu répandues.

Etes-vous aussi équipé de la radio numérique 3D ?

Oui, je l’utilise quotidiennement depuis 2010. Elle me permet d’établir un diagnostic presque instantanément, alors qu’il fallait auparavant envoyer le patient réaliser un scanner. Nous pouvons par exemple analyser finement les structures anatomiques sensibles autour des dents de sagesse, avant de planifier une intervention en toute sécurité. L’outil permet aussi de rechercher des foyers infectieux, d’effectuer des diagnostics de lésions ou de dents surnuméraires… Il est également très utile en implantologie, pour planifier avec un haut niveau de précision la position des futurs implants. Là aussi, les avancées technologiques récentes sont remarquables : les capteurs positionnés dans la bouche du patient sont par exemple devenus beaucoup plus sensibles, offrant un niveau de détail bien plus élevé.

Avez-vous adopté le laser des tissus mous ?

Absolument, depuis quatre ou cinq ans. Il remplace avantageusement le bistouri classique ou électrique ! Il a par exemple très peu d’effets sur les tissus voisins et évite les petits saignements : je peux donc travailler sans attendre sur la zone traitée. Il y a un vrai gain en termes de confort, tant pour moi que pour le patient, dont les suites opératoires sont moindres.

Un exemple d’innovation auquel on ne pense pas forcément ?

L’éclairage de nos cabinets ! Depuis environ cinq ans, des systèmes à LED très performants sont apparus, je travaille moi-même avec un plafonnier qui reproduit à la perfection la lumière du jour, avec une grande homogénéité. C’est important pour choisir la bonne teinte pour une couronne ! Cela joue aussi sur la qualité des soins et sur le moral de toute l’équipe dentaire.

Parmi les nombreuses innovations qui foisonnent dans les métiers de la dentisterie, comment décidez-vous que tel ou tel investissement est pertinent ?

Je me demande avant tout quel est l’intérêt de cette innovation dans ma pratique quotidienne, en termes de qualité ou de confort des soins pour le patient. Il faut aussi qu’elle apporte un plus dans mon travail et dans celui de mon assistante. Par exemple, si un outil me permet de réaliser moins de gestes cliniques, je gagne en temps et en simplicité tout en réduisant les risques pour mon patient.  Bien sûr, dans le cas d’investissements importants comme la CFAO (de 20 000 à 50 000 euros environ), j’y réfléchis à deux fois ! Mais je voudrais souligner que les innovations n’induisent pas toujours un surcoût. Les nouvelles générations de biomatériaux de substitution osseux présentent par exemple des écarts de prix peu ou pas significatifs avec ceux qui existaient jusqu’à présent.

Retrouvez toutes ces innovations sur les différents stands de l’Exposition.
N’hésitez pas à aller les découvrir, les tester, échanger avec les exposants, comparer…
L'Exposition internationale du Congrès de l'ADF ouvre le mercredi 27 novembre à 9h + d'infos 

L'empreinte optique

Christian Moussally

Christian Moussally
Praticien libéral à Paris
Référent Nouvelles technologies de l'ADF