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Cancers buccaux

Les cancers de la cavité buccale

Les cancers constituent la deuxième cause de mortalité en Europe et ceux de la cavité buccale représentent une part importante. Dans le projet " L'Europe contre le cancer", l'objectif pour l'an 2000 était de réduire de 15 % le nombre de décès. Si le diagnostic était plus précoce, le taux de guérison pourrait être doublé. Le chirurgien-dentiste doit jouer un rôle de premier plan dans cette lutte.

 

Quelques données épidémiologiques

  • Les cancers de la cavité buccale représentent 3 % de l'ensemble des tumeurs malignes et 30% des cancers des voies aéro-digestives supérieures.
  • Plus de 6 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année en France.
  • Le taux de morbidité varie dans un rapport de 1 à 9 entre femmes et hommes.
  • Neuf fois sur dix, ces tumeurs se développent sur un terrain éthylo-tabagique.
  • Le carcinome épidermoïde de la muqueuse buccale représente 95 % des cancers de la cavité buccale.
  • Le taux de survie à 5 ans est de 35% pour les cancers avec métastases et de 75% pour les cancers sans métastases.


Prévention, dépistage et diagnostic : trois notions qui se recoupent

La prévention repose sur l'étude, la compréhension et si possible l'éradication des facteurs favorisant le développement des cancers :

  •    Les facteurs exogènes comme le tabac, l'alcool, les radiations ionisantes, la chique de bétel…,
  •    Les carences protéiques,
  •    Les lésions pré-cancéreuses (cf. ci-dessous).

Le dépistage s'attache à la détection de toute lésion lors d'un examen bucco-dentaire quelqu'en soit le motif, surtout chez les sujets à risque à partir de 40 ans. Après le diagnostic de la tumeur primitive, le patient est pris en charge par une équipe pluridisciplinaire qui réalise dans un premier temps un bilan d’extension et un bilan général qui permettent de déterminer la place de la tumeur dans la classification TNM [Tumor, Nodle (adenopathie), Metastasis].

 

La consultation chez le chirurgien-dentiste : opportunité pour le dépistage

Chaque visite chez un chirurgien-dentiste doit s’accompagner d’un examen clinique de la cavité buccale, en particulier de la muqueuse buccale. Toute modification de la couleur, de la consistance (induration), de l'aspect (ulcération, kératose, lésion tumorale…) est a priori suspecte, surtout si elle n’évolue pas favorablement en 8 à 10 jours après suppression de la cause suspectée (par exemple, un traumatisme prothétique…).

 

Les lésions pré-cancéreuses : fréquence et surveillance 

Elles regroupent diverses affections qui présentent un risque de transformation maligne ; ce risque est très variable selon le type de lésion.
Les unes ne nécessitent qu'une simple surveillance, d'autres relèvent d'un traitement médical, enfin certaines doivent être prise en charge dans les meilleurs délais par une équipe spécialisée en cancérologie.

Dans les lésions précancéreuses, on distingue :

  • Les lésions à risque de transformation maligne qui sont avant tout constituées par les kératoses ; les plus fréquentes et les plus connues étant les kératoses tabagiques et le lichen plan buccal aux stades de lichen atrophique ou d’état post-lichénien.
  • Les OIN (Oral Intraepitelial Neoplasia) ou SIN (Squamous Intraepithelial Neoplasia) qui regroupent des lésions où le processus de transformation maligne est déjà en cours d’évolution. Ce ne sont plus stricto sensu des lésions pré-cancéreuses mais plutôt des précurseurs du carcinome épidermoïde. Pour certaines, le processus est réversible (OIN1 ou SIN1 dites de bas grade), pour d’autres il semble irréversible (OIN2 et SIN2 et 3, dites de haut grade).

 

En bref

Le chirurgien-dentiste a un rôle majeur dans la prévention et la détection des lésions buccales ayant un potentiel de transformation maligne.
Il intervient dans le rappel des règles d'hygiène bucco-dentaire, peut sensibiliser les patients sur les facteurs de risque, notamment l’intoxication éthylo-tabagique, et assure le dépistage des lésions cancéreuses et pré-cancéreuses.
Le suivi régulier des patients et la détection précoce de lésions cancéreuses et pré-cancéreuses constituent le moyen le plus efficace de réduire la morbidité et la mortalité des cancers de la cavité buccale. Malheureusement, 70% des carcinomes épidermoïdes sont encore diagnostiqués à un stade avancé (T3 ou T4) et il n’y a guère d’évolution depuis plusieurs décennies.


dernière mise à jour : juin 2009

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