Le tribunal des reconstitutions corono-radiculaires

Le temps d’une séance, la salle de conférence va devenir la salle d’audience d’un tribunal peu banal... Les accusés ? Les reconstitutions corono-radiculaires et, plus précisément, les tenons, le métal, la perte d’adhésion ou encore la difficulté de réalisation qui y sont associés.

Les plaidoiries seront assurées par des avocats d’un jour, les docteurs Pascal de March et Frédéric Raux, spécialistes reconnus en prothèse fixée et en collage. Pas d’inquiétude, ils ne livreront pas un cours savant sur la législation des reconstitutions corono-radiculaires : en utilisant leurs vastes compétences en chirurgie dentaire, ils apporteront en revanche des réponses concrètes aux différents problèmes évoqués.

Pendant cette séance-audience, les auditeurs se transformeront en jurés : vous aurez donc la possibilité de participer aux échanges et de prendre position.
Michel Bartala, responsable scientifique de la séance, vous présente les pièces du dossier. 

Vous aider à faire les bons choix

Ces dernières années, les concepts de restauration de la dent dépulpée ont certes beaucoup évolué, notamment sous l’impulsion de praticiens de référence comme Pascal Magne et sa philosophie thérapeutique du « no post no crown ». Avec à la clé une mutilation moins importante, favorable à la préservation de l’organe dentaire et à la conservation des dents sur l’arcade.

Un ancrage radiculaire peut néanmoins continuer à s’avérer nécessaire dans différentes situations. Si la dent est très délabrée ou si l’on reprend un ancien traitement présentant des préparations périphériques, la reconstruction doit par exemple passer par la création d’un « moignon prothétique » optimisant la rétention mécanique. Dans ce cas, il est naturel de s’interroger sur la solution la plus efficace et la plus pérenne pour la dent et pour le patient.

Pour vous aider à faire les bons choix, nos « avocats » évoqueront donc tour à tour les chefs d’accusation et les arguments pour la défense des deux types de reconstitutions possibles : les inlay-cores et les reconstitutions par matériaux insérés en phase plastique (RMIPP).

Les inlay-cores à la barre

Principal reproche adressé aux reconstitutions corono-radiculaires métalliques, ou inlay-cores : leur propension à engendrer de la mutilation tissulaire. La « cour » étudiera ce phénomène pour rechercher ses causes et définir s’il peut être minimisé à travers le type d’ancrage choisi (tenon anatomique ou normalisé). Elle s’attardera aussi sur une accusation plus grave, portant sur une augmentation très nette du risque de fracture radiculaire avec ce type de reconstitution. Des analyses tendent en effet à souligner une transmission des contraintes occlusales plus importantes avec les inlay-cores, favorisée par le module d’élasticité élevé de cette structure métallique. Autre sujet de débat pour le « tribunal » : la nécessité, avec ce type de reconstitution, de multiplier les ancrages, induisant ainsi un soupçon de préméditation d’extraction.

« Maître » De March passera en revue ces différentes accusations, pour convaincre les jurés qu’il est pertinent de continuer à utiliser ces techniques. A la manière d’un avocat conseil, il apportera aussi des recommandations pour poser les indications adéquates et favoriser une réalisation performante par les utilisateurs chirurgiens-dentistes.

Les RMIPP sur la sellette

La « cour » étudiera ensuite le cas des RMIPP qui se prévalent souvent d’une moindre mutilation de la dent et de moins de fractures imputées à leur tenon. Le tribunal écoutera avec attention l’argumentaire de « Maître » Raux qui tentera de démontrer leur capacité à amortir les contraintes. Il se penchera par ailleurs sur de nombreuses plaintes liées à des problèmes de « rupture d’adhésion », à une solidité « douteuse » face aux contraintes occlusales - notamment dans le secteur antérieur - ou encore à une difficulté accrue de réalisation, avec différents écueils techniques.

La parole sera ensuite à la défense de ces techniques, qui apporteraient aujourd’hui des avantages indéniables par rapport à une approche indirecte. Selon le docteur Raux, elles favorisent en effet notamment une économie tissulaire importante, un renforcement de la résistance de la dent et un potentiel d’étanchéité bien supérieur aux inlay-cores scellés, prévenant ainsi la réinfection endodontique.

Il évoquera aussi les qualités requises pour obtenir des performances adhésives compatibles avec cette utilisation, le choix des matériaux devant être raisonné au regard des particularités de la dentine radiculaire. Il reviendra également sur un point important à prendre en compte sur le plan chimique : les solutions utilisées lors du traitement endodontique sur la dentine radiculaire peuvent avoir un effet délétère sur les valeurs d’adhérence par rapport à celles mesurées sur la dentine saine, entrainant une diminution de plus de 50%. Par ses conseils avisés, « Maître » Raux, permettra donc lui aussi aux jurés de mieux apprécier les techniques de collage, afin que leur application selon un protocole précis limite les incidents source de conflits.

Êtes-vous prêts à devenir les jurés d’un jour ?

Le tribunal des reconstitutions corono-radiculaires ou comment choisir

samedi 1er décembre - 9h-10h30
Séance incluse dans votre forfait Congrès

Responsable Scientifique : Michel Bartala
Conférenciers : Pascal de March et Frédéric Raux 

objectifs :
- Connaitre les indications des reconstitutions corono radiculaires
- Maitriser les avantages et inconvénients des RCR métalliques
- Maitriser les avantages et inconvénients des RMIPP

Inlay Core ou RMIPP ?

JE M'INSCRIS